Titre : | Street art: mode d'emploi [livre] | Type de document : | texte imprimé | Auteurs : | Jérôme Catz | Editeur : | Flammarion | Année de publication : | 2013 | ISBN/ISSN/EAN : | 978-2-08-129903-0 | Catégories : | G:Graffiti G:Graffiti (Afrique) H:Histoire du graffiti H:Histoire du street art S:Sociologie du street art S:Street art S:Street art (monde) T:Techniques du graffiti T:Techniques du street art
| Résumé : |
Vous qui entrez, laissez toute espérance... La sentence mythique gravée sur la porte de l'Enfer dans La Divine Comédie de Dante pourrait être un avertissement approprié au milieu du street art... qui fait désormais régner sa loi !
Je me souviens, jeune adolescent être resté bouche bée devant une immense fresque de Bragon the Bat sur un mur des Galeries Lafayette à Grenoble, vers 1985, et quelques jours plus tard, avoir ressent' une profonde tristesse en découvrant un rectangle couleur crème à la place de ce qui, pour moi, était sans nul doute une «oeuvre». Quelques années plus tard je participais à des expéditions nocturnes de graffiti et de tag en tant qu'observateur/chauffeur/archiviste. J'avais persuadé mes parents de laisser mes copains repeindre entièrement le Combi Volkswagen familial. Une passion naissante, un environnement excitant une pratique amateur qui m'a donné le goût de l'aventure. Plus tard, en devenant snow-boarder professionnel, j'ai enchaîné les voyages, organisant des expéditions et prenant l'initiative de l'exploration. Rien ne me faisait davantage plaisir que de trouver une nouvelle destination encore inconnue, delà faire découvrir et de partager l'ivresse de ces moments. Ce type de carrière étant aussi bref qu'intense, ou bout de dix années de tours du monde à répétition, je pose à nouveau mes bagages dans cette ville natale de Grenoble que j'adore.
Fin d'une vie, début d'une autre : en 2003, je décide d'ouvrir un espace culturel associatif dans le but de faire découvrir les plasticiens de la board culture, principalement associés au monde du skate. Or, les artistes qui opèrent dans ce domaine font le lien avec le street art depuis les premières créations de Craig Stecyk III, sur la côte Ouest américaine. Très au fait des dessins qui décorent les snowboards et les skates, je saisis immédiatement la parenté qui existe entre ces deux mondes. Je plonge tête baissée, deviens commissaire d'exposition et organise une dizaine d'accrochages par an pour montrer des travaux réalisés dons chacun de ces univers. Je rencontre alors un grand nombre d'intervenants, tous plus ou moins liés par un même réseau, une même passion, un même sens de l'engagement Une actualité en appelant une autre, j'écume les blogs spécialisés, traque les nouveautés, noue des amitiés avec de nombreux artistes, bref ! je rejoins chaque jour un peu plus cette tribu ultra-créative...
Que ce soit à travers l'humour impitoyable de Banksy, les films d'animation de Blu ou les fresques qui, toujours plus monumentales, arrivent à investir des surfaces énormes, la diversité des propositions paraît illimitée. Chaque écriture s'avère singulière et me rend impatient de connaître l'évolution de l'artiste et bien sûr, d'en découvrir d'outrés. Mélange d'engagement physique et idéologique, de prouesse technique et d'expression spontanée, tout s'accorde et fait sens. Pour moi, pas de doute : nous sommes face à l'un des plus grands mouvements artistiques n'ayant jamais existé. Par sa force, sa capacité à se renouveler en permanence et par son expansion géographique. Chapeau bas ! Car l'exercice exige un investissement un courage et une énergie hors norme. Une vraie révolution, qui, j'en suis sûr, n'en est qu'à ses débuts ! Riche et mouvant au point qu'il est impossible d'imaginer le circonscrire totalement le street art est partout et les yeux de tous le contemplent Du nord ou sud, d'est en ouest il n'est plus possible d'y échapper, et c'est tant mieux. En y repensant c'est aussi avec le temps, tout simplement que mon éducation s'est faite. Même si mon regard sur le street art est aujourd'hui plus aiguisé que celui du simple passant j'aime le voir, comme tout le monde, par surprise, au détour d'une rue. Comme les enfants marchant le nez rivé au sol, cherchant le moindre objet à ramasser, je scrute l'inattendu sur les murs, du plus bas au plus haut Je ne suis pas seul... Tous ceux qui s'y intéressent un peu gardent en mémoire ce plaisir de la «découverte» d'une nouvelle pièce. Je préfère l'agression visuelle franche d'un énorme tag réalisé à l'extincteur sur un pignon d'immeuble au logo lumineux d'une grande chaîne de fast-food, ou d'une affiche 4 x 3 vantant je ne sais quel produit.
Véritable initiation à l'art au quotidien, les oeuvres ainsi exhibées augmentent sans cesse. Les références à l'histoire de l'art se multiplient les auteurs gagnent en reconnaissance et la rue devient un excellent lieu de communication. Chaque jour, de nouvelles personnes investissent la cité avec une conviction et une vision qui relèvent autant delà stratégie que de la performance. Difficile de toute façon de comprendre les motivations profondes de ceux qui choisissent de s'exprimer dehors. Mais regarder, c'est comme goûter : l'oeil s'habitue, s'affine et progresse en analyse. Nouveau, banal, intéressant nul, génial, autant d'adjectifs pour aborder les propositions qui fleurissent chaque jour. Certains ont besoin de leurs trois cafés quotidiens, moi de mes trois nouvelles oeuvres, et si la rue ne me satisfait pas, Internet m'informe des actions les plus folles et les plus lointaines... Une chasse au trésor planétaire !
La vraie gagnante est la rue, cet espace public par excellence, qui se met à revivre, à se ré-humaniser, à parler de nouveau. Tout comme les artistes, qui ne peuvent espérer meilleur espace d'exposition, ouvert 24h/24, 7j/7. Le résultat ? Exciter plus encore notre curiosité... Vous savez, ce vilain défaut ! | Permalink : | http://lezartsurbains.tipos.be/opac_css/
index.php?lvl=notice_display&id=5684 |
Street art: mode d'emploi [livre] [texte imprimé] / Jérôme Catz . - [S.l.] : Flammarion, 2013. ISBN : 978-2-08-129903-0 Catégories : | G:Graffiti G:Graffiti (Afrique) H:Histoire du graffiti H:Histoire du street art S:Sociologie du street art S:Street art S:Street art (monde) T:Techniques du graffiti T:Techniques du street art
| Résumé : |
Vous qui entrez, laissez toute espérance... La sentence mythique gravée sur la porte de l'Enfer dans La Divine Comédie de Dante pourrait être un avertissement approprié au milieu du street art... qui fait désormais régner sa loi !
Je me souviens, jeune adolescent être resté bouche bée devant une immense fresque de Bragon the Bat sur un mur des Galeries Lafayette à Grenoble, vers 1985, et quelques jours plus tard, avoir ressent' une profonde tristesse en découvrant un rectangle couleur crème à la place de ce qui, pour moi, était sans nul doute une «oeuvre». Quelques années plus tard je participais à des expéditions nocturnes de graffiti et de tag en tant qu'observateur/chauffeur/archiviste. J'avais persuadé mes parents de laisser mes copains repeindre entièrement le Combi Volkswagen familial. Une passion naissante, un environnement excitant une pratique amateur qui m'a donné le goût de l'aventure. Plus tard, en devenant snow-boarder professionnel, j'ai enchaîné les voyages, organisant des expéditions et prenant l'initiative de l'exploration. Rien ne me faisait davantage plaisir que de trouver une nouvelle destination encore inconnue, delà faire découvrir et de partager l'ivresse de ces moments. Ce type de carrière étant aussi bref qu'intense, ou bout de dix années de tours du monde à répétition, je pose à nouveau mes bagages dans cette ville natale de Grenoble que j'adore.
Fin d'une vie, début d'une autre : en 2003, je décide d'ouvrir un espace culturel associatif dans le but de faire découvrir les plasticiens de la board culture, principalement associés au monde du skate. Or, les artistes qui opèrent dans ce domaine font le lien avec le street art depuis les premières créations de Craig Stecyk III, sur la côte Ouest américaine. Très au fait des dessins qui décorent les snowboards et les skates, je saisis immédiatement la parenté qui existe entre ces deux mondes. Je plonge tête baissée, deviens commissaire d'exposition et organise une dizaine d'accrochages par an pour montrer des travaux réalisés dons chacun de ces univers. Je rencontre alors un grand nombre d'intervenants, tous plus ou moins liés par un même réseau, une même passion, un même sens de l'engagement Une actualité en appelant une autre, j'écume les blogs spécialisés, traque les nouveautés, noue des amitiés avec de nombreux artistes, bref ! je rejoins chaque jour un peu plus cette tribu ultra-créative...
Que ce soit à travers l'humour impitoyable de Banksy, les films d'animation de Blu ou les fresques qui, toujours plus monumentales, arrivent à investir des surfaces énormes, la diversité des propositions paraît illimitée. Chaque écriture s'avère singulière et me rend impatient de connaître l'évolution de l'artiste et bien sûr, d'en découvrir d'outrés. Mélange d'engagement physique et idéologique, de prouesse technique et d'expression spontanée, tout s'accorde et fait sens. Pour moi, pas de doute : nous sommes face à l'un des plus grands mouvements artistiques n'ayant jamais existé. Par sa force, sa capacité à se renouveler en permanence et par son expansion géographique. Chapeau bas ! Car l'exercice exige un investissement un courage et une énergie hors norme. Une vraie révolution, qui, j'en suis sûr, n'en est qu'à ses débuts ! Riche et mouvant au point qu'il est impossible d'imaginer le circonscrire totalement le street art est partout et les yeux de tous le contemplent Du nord ou sud, d'est en ouest il n'est plus possible d'y échapper, et c'est tant mieux. En y repensant c'est aussi avec le temps, tout simplement que mon éducation s'est faite. Même si mon regard sur le street art est aujourd'hui plus aiguisé que celui du simple passant j'aime le voir, comme tout le monde, par surprise, au détour d'une rue. Comme les enfants marchant le nez rivé au sol, cherchant le moindre objet à ramasser, je scrute l'inattendu sur les murs, du plus bas au plus haut Je ne suis pas seul... Tous ceux qui s'y intéressent un peu gardent en mémoire ce plaisir de la «découverte» d'une nouvelle pièce. Je préfère l'agression visuelle franche d'un énorme tag réalisé à l'extincteur sur un pignon d'immeuble au logo lumineux d'une grande chaîne de fast-food, ou d'une affiche 4 x 3 vantant je ne sais quel produit.
Véritable initiation à l'art au quotidien, les oeuvres ainsi exhibées augmentent sans cesse. Les références à l'histoire de l'art se multiplient les auteurs gagnent en reconnaissance et la rue devient un excellent lieu de communication. Chaque jour, de nouvelles personnes investissent la cité avec une conviction et une vision qui relèvent autant delà stratégie que de la performance. Difficile de toute façon de comprendre les motivations profondes de ceux qui choisissent de s'exprimer dehors. Mais regarder, c'est comme goûter : l'oeil s'habitue, s'affine et progresse en analyse. Nouveau, banal, intéressant nul, génial, autant d'adjectifs pour aborder les propositions qui fleurissent chaque jour. Certains ont besoin de leurs trois cafés quotidiens, moi de mes trois nouvelles oeuvres, et si la rue ne me satisfait pas, Internet m'informe des actions les plus folles et les plus lointaines... Une chasse au trésor planétaire !
La vraie gagnante est la rue, cet espace public par excellence, qui se met à revivre, à se ré-humaniser, à parler de nouveau. Tout comme les artistes, qui ne peuvent espérer meilleur espace d'exposition, ouvert 24h/24, 7j/7. Le résultat ? Exciter plus encore notre curiosité... Vous savez, ce vilain défaut ! | Permalink : | http://lezartsurbains.tipos.be/opac_css/
index.php?lvl=notice_display&id=5684 |
| ![Street art: mode d'emploi [livre] vignette](http://lezartsurbains.tipos.be/opac_css/
images/vide.png) |